Taxe foncière 2026 : définition, calcul et exonérations

Propriétaire occupant ou bailleur : comprendre votre avis et anticiper le coût de votre bien immobilier

La taxe foncière fait partie du budget annuel d’un propriétaire, qu’il occupe son logement ou le mette en location. Comment est-elle calculée en 2026 ? Qui peut bénéficier d’une exonération ? Quel montant retenir dans un investissement locatif ? Voici les règles à connaître, les démarches utiles et deux exemples chiffrés.

Taxe foncière 2026 : définition, calcul et exonérations
Sébastien Couston

Publié le 10 septembre 2026

Par Sébastien Couston

Avant un achat immobilier, le prix et les mensualités de crédit concentrent souvent l’attention. La taxe foncière mérite également d’être intégrée au calcul : elle influence le coût de détention d’une résidence principale comme le rendement d’un logement loué. Son montant dépend du bien et de sa localisation ; les exonérations éventuelles doivent être appréciées pour chaque opération.

Ce guide présente les règles applicables aux logements en France en 2026. Il porte principalement sur la taxe foncière sur les propriétés bâties, ou TFPB.

Qu’est-ce que la taxe foncière et qui doit la payer ?

La taxe foncière est un impôt local annuel attaché à la propriété immobilière. Pour un logement, elle est due par le propriétaire ou l’usufruitier au 1er janvier de l’année d’imposition, même si le bien est loué. Un appartement, une maison ou certaines dépendances peuvent être concernés. La taxe sur les propriétés non bâties relève de règles différentes. [1]

La suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales n’a pas supprimé la taxe foncière : les deux impôts répondent à des logiques distinctes.

Qui paie en cas d’achat ou de vente pendant l’année ?

Le vendeur qui était propriétaire au 1er janvier reste redevable de l’année entière auprès de l’administration. L’acte de vente prévoit souvent un remboursement au prorata par l’acquéreur. Cet accord organise la répartition entre les parties ; il ne change pas le redevable fiscal.

Comment est calculée la taxe foncière en 2026 ?

Pour un logement, le calcul repose sur une valeur locative cadastrale, déterminée par l’administration. Cette référence correspond à un loyer annuel théorique. Elle ne se confond ni avec le loyer réellement encaissé ni avec le prix d’achat du logement.

Un abattement forfaitaire de 50 % est appliqué à cette valeur pour obtenir la base de la TFPB. Les taux votés par les collectivités sont ensuite appliqués à la base imposable.

Calcul simplifié : taxe foncière sur le bâti = valeur locative cadastrale actualisée × 50 % × taux applicables.

Le montant total de l’avis peut également comprendre la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, des taxes annexes et des frais de gestion. Pour comprendre une variation, il faut donc regarder les différentes colonnes de l’avis.

Exemple : une valeur locative cadastrale annuelle de 6 000 €

Retenons une valeur locative cadastrale déjà actualisée pour 2026 de 6 000 €, des taux cumulés de TFPB de 35 % et un taux de TEOM de 10 %. Ces taux sont fictifs et servent uniquement à illustrer le calcul.

Élément Calcul Montant
Valeur locative cadastrale annuelle Hypothèse 6 000 €
Base imposable après abattement 6 000 € × 50 % 3 000 €
Cotisation de taxe foncière 3 000 € × 35 % 1 050 €
TEOM 3 000 € × 10 % 300 €
Sous-total hors autres taxes et frais 1 050 € + 300 € 1 350 €

Ce sous-total illustre la mécanique de calcul ; le montant exact d’un avis dépend des bases, taux, exonérations et frais effectivement applicables.

Pourquoi la taxe foncière peut-elle augmenter en 2026 ?

En 2026, les bases cadastrales concernées par la revalorisation forfaitaire augmentent de 0,8 %, avec un coefficient de 1,008. Cette évolution s’applique notamment aux logements. Elle ne signifie pas que chaque avis augmente exactement de 0,8 %. [2]

Le montant peut aussi varier à cause d’un changement de taux local, de travaux modifiant les caractéristiques du bien ou de la fin d’une exonération. Pour comparer deux années, examinez séparément la base, les taux et les allégements.

Quelles exonérations de taxe foncière peut-on obtenir ?

Les avantages dépendent soit du logement, soit de la situation du propriétaire. Une exonération peut être totale ou partielle ; certaines nécessitent une délibération locale et une déclaration. Les principaux cas concernant les particuliers sont les suivants.

Situation Avantage possible Conditions à vérifier
Construction neuve, reconstruction ou agrandissement à usage d’habitation Exonération pendant les deux années suivant l’achèvement Déclaration dans les 90 jours et portée des décisions locales.
Logement ancien avec rénovation énergétique éligible Exonération de 50 % à 100 % pendant trois ans, sur les parts concernées Logement de plus de dix ans, dépenses éligibles suffisantes et délibération locale.
Logement neuf répondant à des critères particuliers de performance Exonération spécifique de cinq ans, de 50 % à 100 % sur les parts concernées Critères énergétiques et environnementaux, décision locale et articulation avec l’exonération de deux ans.
Propriétaire bénéficiaire de certaines allocations ou âgé de plus de 75 ans Exonération selon la situation Allocation concernée, usage du logement et, selon le cas, plafond de revenus.
Propriétaire âgé de plus de 65 ans et de moins de 75 ans Dégrèvement de 100 € sur l’habitation principale Condition d’âge au 1er janvier et plafond de revenus.

Dans le neuf : anticiper la déclaration et la fin des deux ans

Pour un logement achevé en 2026, la période de deux ans correspond en principe à 2027 et 2028. La commune peut limiter son exonération à 40 %, 50 %, 60 %, 70 %, 80 % ou 90 % de la base. L’intercommunalité peut supprimer la sienne.

Le propriétaire doit effectuer la déclaration foncière dans les 90 jours suivant l’achèvement fiscal, notamment depuis le service « Biens immobiliers ». Cette formalité est distincte de la déclaration d’achèvement déposée en mairie. Un dépôt tardif peut faire perdre tout ou partie de l’avantage. La TEOM reste normalement due.

Pour préparer votre achat, demandez une estimation de la taxe après exonération et vérifiez qui réalise les formalités. Cela complète les points à contrôler avant de signer dans l’immobilier neuf.

Après des travaux énergétiques : une exonération locale sous conditions

Le régime actuel vise les logements achevés depuis plus de dix ans au 1er janvier de la première année exonérée. Les dépenses éligibles doivent dépasser 10 000 € sur l’année précédente ou 15 000 € sur les trois années précédentes. Tous les travaux de rénovation ne sont pas concernés.

La demande, accompagnée des justificatifs, doit être déposée avant le 1er janvier de la première année d’application. Vérifiez d’abord que la commune ou l’intercommunalité a voté l’exonération et à quel taux.

Âge, allocations et ressources : quels plafonds en 2026 ?

L’exonération personnelle concerne notamment les bénéficiaires de l’Aspa ou de l’Asi, ainsi que les titulaires de l’AAH et les personnes de plus de 75 ans sous conditions de revenus. Elle porte principalement sur l’habitation principale. Le seul fait d’avoir de faibles revenus ne suffit pas.

Pour les allégements soumis au plafond de l’article 1417-I du CGI, voici les limites ordinaires en métropole pour la taxe foncière 2026, à comparer aux revenus de 2025 retenus fiscalement. [3]

Parts fiscales Plafond de revenus
1 part 12 793 €
1,5 part 16 209 €
2 parts 19 625 €
3 parts 26 457 €

Des seuils spécifiques s’appliquent dans les DROM. Ces limites ne doivent pas être confondues avec celles du plafonnement de la taxe foncière en fonction des revenus : ce mécanisme distinct peut, sur demande et sous conditions, dégrever la fraction de cotisation de l’habitation principale dépassant 50 % des revenus retenus. Il comporte notamment une condition de non-assujettissement à l’IFI l’année précédente.

Taxe foncière et investissement locatif : quelle charge retenir ?

Dans une location d’habitation classique, la taxe foncière reste à la charge du propriétaire. Elle doit apparaître dans le calcul du rendement net et dans les flux annuels de l’opération. Notre guide de l’investissement locatif présente les autres postes à rapprocher des loyers.

La taxe foncière est-elle déductible des loyers ?

En location nue au régime réel, la taxe foncière et certaines taxes annexes sont déductibles des revenus fonciers dans les conditions prévues par les textes. La TEOM, qui incombe normalement à l’occupant, suit un traitement distinct. Une déduction diminue le revenu imposable ; elle ne rembourse pas intégralement la dépense.

Au micro-foncier, les charges sont couvertes par l’abattement forfaitaire de 30 % : la taxe foncière ne se déduit pas séparément.

En location meublée au régime réel, la taxe foncière liée au bien loué fait partie des charges à prendre en compte dans le résultat de l’activité. Au micro-BIC, les charges sont couvertes par l’abattement forfaitaire : elles ne se déduisent pas une seconde fois pour leur montant réel.

La TEOM peut-elle être récupérée sur le locataire ?

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères figure généralement sur le même avis, mais elle peut être récupérée auprès du locataire dans le cadre des charges récupérables, hors frais de gestion. Il faut tenir compte de la période d’occupation.

Vérifiez également le régime de charges prévu au bail : un forfait ne peut pas donner lieu à un complément ou à une régularisation ultérieure, contrairement aux provisions.

Dans votre simulation, retenez donc le total payé, puis retranchez seulement les sommes effectivement récupérables et récupérées.

Exemple : un avis de 1 300 € pour un appartement loué 750 € par mois

Un appartement représente un coût global d’acquisition de 200 000 € et produit 9 000 € de loyers annuels hors charges. L’avis foncier s’élève à 1 300 €, dont 200 € de TEOM intégralement récupérés dans cette hypothèse. Les autres charges annuelles non récupérables sont de 1 100 €.

Poste Montant annuel
Loyers hors charges 9 000 €
Avis foncier total 1 300 €
TEOM récupérée auprès du locataire 200 €
Coût de l’avis restant au propriétaire 1 100 €
Autres charges non récupérables 1 100 €
Revenu après ces charges, avant crédit et imposition des loyers 6 800 €
Rendement brut 4,50 %
Rendement après les charges retenues 3,40 %

Dans cet exemple, le coût de l’avis restant au propriétaire représente 91,67 € par mois en moyenne. L’effet fiscal d’une éventuelle déduction se calcule ensuite. Pour prolonger cette analyse, consultez notre méthode de calcul du budget et de l’effort d’épargne d’un investissement immobilier.

Les montants sont illustratifs et supposent douze mois de loyers encaissés. Ils ne constituent pas une offre de programme ni une prévision de rendement.

Un logement vacant permet-il un dégrèvement ?

Pour un logement normalement destiné à la location nue, un dégrèvement peut être demandé lorsque la vacance est indépendante de la volonté du propriétaire, dure au moins trois mois et concerne tout le logement ou une partie louable séparément. Une simple absence de locataire ne suffit donc pas : il faut documenter la situation et déposer une réclamation.

Nue-propriété et LLI : deux traitements à distinguer

En nue-propriété, identifier l’usufruitier redevable

Lorsqu’un logement est démembré, l’usufruitier est en principe redevable de la taxe foncière. Dans un programme avec usufruit temporaire détenu par un bailleur, le budget du nu-propriétaire doit aussi anticiper la taxe après la réunion de la pleine propriété.

La convention précise la répartition des obligations pendant l’opération. Consultez notre page dédiée à l’investissement en nue-propriété pour examiner ce fonctionnement.

En LLI, distinguer la taxe payée et la créance fiscale

Pour les logements et personnes morales éligibles, l’article 220 Z septies du CGI prévoit une créance d’impôt sur les sociétés liée à la taxe foncière. La taxe reste mise en recouvrement ; la créance obéit à ses propres règles d’imputation et de remboursement. La TEOM n’entre pas dans son montant.

La durée légale peut atteindre vingt ans, diminuée des années d’exonération totale de TFPB dont le logement bénéficie. Le calendrier de remboursement dépend de la situation de la personne morale. La taxe ouvrant droit à cette créance non imposable n’est pas simultanément déductible du bénéfice imposable. [4]

Ces particularités sont à examiner avec les autres conditions du Logement Locatif Intermédiaire, pour présenter correctement la trésorerie de l’opération.

Quand payer la taxe foncière 2026 ?

Le calendrier national distingue la mise à disposition des avis et la date limite de paiement.

Événement Date 2026
Avis en ligne des contribuables non mensualisés À partir du 27 août
Avis en ligne des contribuables mensualisés À partir du 19 septembre
Paiement par les moyens non dématérialisés autorisés 15 octobre
Paiement en ligne 20 octobre à minuit

Au-delà de 300 €, le paiement doit être dématérialisé. En cas de mensualisation ou de prélèvement à l’échéance, suivez le calendrier indiqué sur votre avis. La date du prélèvement d’un paiement en ligne vous est précisée lors de sa validation.

Comment vérifier son avis et demander une correction ?

Comparez les références du logement, les bases, les taux et les exonérations avec les éléments de votre dossier. Si le descriptif semble erroné, demandez au service des impôts les données retenues pour l’évaluation cadastrale. Une différence avec la taxe payée par un voisin ne prouve pas, à elle seule, une erreur.

Une réclamation peut être adressée par la messagerie sécurisée de votre espace fiscal. Pour une taxe foncière mise en recouvrement en 2026, le délai ordinaire expire le 31 décembre 2027. La réclamation ne suspend pas automatiquement le paiement ; un sursis doit être demandé si nécessaire.

Les informations à obtenir avant d’investir

  • Le dernier avis disponible, ou une estimation documentée pour un logement neuf.
  • Le détail entre taxe foncière, TEOM, autres taxes et frais.
  • Les exonérations applicables, leur durée et les formalités à accomplir.
  • Le coût annuel attendu après leur expiration.

Intégrer la taxe foncière à l’étude de votre projet

Pour comparer deux programmes, rapprochez le prix global, les loyers, les charges, le financement et les avantages fiscaux réellement applicables. Une exonération temporaire améliore les premières années ; le budget doit également présenter la période suivante.

Vous souhaitez connaître le budget annuel d’un investissement immobilier ? K&P Finance vous accompagne dans l’analyse de l’opération et la sélection de programmes correspondant à votre apport, à vos objectifs et à votre effort d’épargne.

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FAQ – Taxe foncière 2026

Peut-on calculer la taxe foncière à partir du prix d’achat ?

Non. Le calcul repose sur la valeur locative cadastrale et les taux locaux. Le prix d’acquisition ne permet pas, à lui seul, de déduire le montant de l’avis.

La taxe foncière est-elle toujours exonérée pendant deux ans dans le neuf ?

L’exonération existe sous conditions, mais sa portée dépend notamment des décisions locales et du respect du délai de déclaration. La TEOM peut rester à payer.

Le locataire doit-il rembourser tout l’avis de taxe foncière ?

Non, dans une location d’habitation classique. La TEOM peut être récupérée selon les règles applicables aux charges, à l’exclusion de ses frais de gestion. Elle doit être distinguée de la taxe foncière proprement dite.

Des revenus modestes suffisent-ils pour être exonéré ?

Non. Les exonérations personnelles combinent des conditions tenant notamment à l’âge, à certaines allocations ou à l’usage du logement, avec un plafond de revenus dans les cas prévus. Un plafonnement distinct peut aussi être demandé sous conditions.

Références :

1. Service Public — Taxe foncière sur les propriétés bâties : redevable, vente et démembrement.

2. DGFiP — Calcul et revalorisation des bases en 2026.

3. Code général des impôts, article 1417 — Plafonds de revenus applicables en 2026.

4. Code général des impôts, article 220 Z septies — Créance d’IS en faveur du LLI.

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