Lexique immobilier et fiscal

Qu’est-ce que l’usufruit d’un bien immobilier ?

Autres formulations : droit d’usufruit, usufruitier, démembrement de propriété, jouissance du bien

L’usufruit immobilier est le droit d’utiliser un bien appartenant au nu-propriétaire et d’en percevoir les revenus, à condition d’en conserver la substance. Avec la nue-propriété, il compose la pleine propriété. Il peut être viager ou temporaire et prend fin selon les causes prévues par la loi ou l’acte qui l’a créé.
Informations vérifiées le 10 septembre 2026

Quelle différence entre usufruit, nue-propriété et pleine propriété ?

La pleine propriété réunit l’usufruit et la nue-propriété. L’usufruitier détient le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les fruits, notamment les loyers. Le nu-propriétaire conserve le droit de disposer de la nue-propriété et retrouve en principe la pleine propriété lorsque l’usufruit s’éteint.

Ce partage des prérogatives constitue un démembrement de propriété. Il ne crée pas une indivision entre l’usufruitier et le nu-propriétaire, car leurs droits sont de nature différente.

Quels sont les droits de l’usufruitier ?

L’usufruitier peut occuper le logement ou le louer et percevoir les revenus correspondants, sous réserve de respecter la destination du bien et les conditions de l’acte. Il peut également céder ou donner son propre droit d’usufruit. Cette opération ne transfère pas la nue-propriété et ne peut pas prolonger l’usufruit au-delà de son terme initial.

Quelles sont les obligations de l’usufruitier ?

L’usufruitier doit préserver la substance du bien. Il réalise en principe les réparations d’entretien, assume les charges attachées à la jouissance et restitue le bien à la fin de l’usufruit. Un état du bien et, selon les situations, une garantie peuvent être prévus lors de l’entrée en jouissance.

Les grosses réparations restent en principe à la charge du nu-propriétaire, sauf si elles ont été rendues nécessaires par un défaut d’entretien imputable à l’usufruitier. L’acte constitutif peut préciser l’organisation pratique entre les parties.

Combien de temps dure un usufruit immobilier ?

Un usufruit accordé à une personne physique peut être viager : il s’éteint alors au décès de l’usufruitier. Il peut aussi être constitué pour une durée fixée à l’avance. Pour une personne morale, la durée légale ne peut en principe excéder trente ans.

L’usufruit prend également fin à l’expiration du terme, par réunion de l’usufruit et de la nue-propriété sur une même tête, renonciation, non-usage pendant trente ans ou perte totale du bien, notamment.

Peut-on vendre un bien démembré ?

La vente de la pleine propriété exige l’accord de l’usufruitier et du nu-propriétaire. L’acte organise ensuite la répartition du prix ou le report du démembrement. Chacun peut en revanche céder séparément le droit qu’il détient, sous réserve de sa durée et des stipulations applicables.

Pour approfondir les conséquences pratiques, consultez l’article K&P Finance sur la revente de la nue-propriété en cours d’usufruit.

Comment l’usufruit est-il évalué fiscalement ?

Pour certaines mutations, l’administration utilise un barème fiscal qui répartit la valeur de la pleine propriété entre usufruit et nue-propriété. La valorisation dépend de l’âge de l’usufruitier pour un droit viager et de la durée pour un usufruit temporaire. Ce barème fiscal ne constitue pas automatiquement le prix économique retenu entre les parties.

Dans quels projets patrimoniaux rencontre-t-on l’usufruit ?

Il apparaît notamment lors d’une succession, d’une donation avec réserve d’usufruit ou d’un investissement en nue-propriété. Ces opérations répondent à des règles civiles et fiscales distinctes. La page lexique précise la notion ; le choix d’un montage et ses conséquences nécessitent une étude adaptée à la situation familiale et patrimoniale.

Sources utiles

Voir toutes les définitions du lexique immobilier et fiscal

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