Simulation Jeanbrun vs Pinel : fiscalité et rentabilité comparées sur 15 ans

Amortissement, fiscalité des loyers, rentabilité nette : simulation chiffrée comparant la loi Pinel (dispositif clos) et le nouveau dispositif Jeanbrun sur une durée longue

La fin définitive de la loi Pinel au 31 décembre 2024 a profondément modifié le paysage de l’investissement locatif. Pour de nombreux investisseurs, la question n’est plus de choisir entre deux dispositifs actifs, mais de comprendre en quoi le dispositif Jeanbrun modifie la logique fiscale et patrimoniale par rapport au Pinel.

Simulation Jeanbrun vs Pinel : fiscalité et rentabilité comparées sur 15 ans
Sébastien Couston

Mis à jour le 23 janvier 2026

Par Sébastien Couston

Cette simulation a pour objectif d’illustrer concrètement ces différences, en comparant leurs effets sur la fiscalité des loyers, la trésorerie et la rentabilité nette sur une durée de 15 ans, dans un scénario réaliste financé à crédit.

Hypothèses communes retenues pour la simulation

Les hypothèses suivantes sont volontairement prudentes et visent à illustrer des ordres de grandeur et des mécanismes fiscaux, non à constituer une projection contractuelle :

  • Type de bien : appartement neuf
  • Prix d’acquisition : 300 000 €
  • Surface estimée : 60 m²
  • Loyer intermédiaire plafonné : 10 200 € / an (≈ 850 € / mois)
  • Charges déductibles : 1 700 € / an
  • Financement : crédit immobilier sur 20 ans à 3,5 %
  • Tranche marginale d’imposition : 41 %
  • Prélèvements sociaux : 17,2 %
  • Taux global d’imposition : 58,2 %

Important : une réduction d’impôt (Pinel) et un amortissement (Jeanbrun) n’ont pas la même nature.

Le Pinel s’impute directement sur l’impôt dû, tandis que l’amortissement Jeanbrun réduit la base imposable. Son effet dépend donc du niveau d’imposition du foyer. Pour rendre la comparaison cohérente, l’amortissement est ici exprimé en économie d’impôt estimée (IR + prélèvements sociaux).

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Structure réelle de la fiscalité des loyers sur 15 ans

Dans un investissement financé à crédit, la fiscalité des loyers évolue fortement dans le temps, principalement sous l’effet de la baisse progressive des intérêts d’emprunt.

Évolution simplifiée des intérêts d’emprunt

Période Intérêts annuels estimés Impact fiscal
Années 1 à 7 ≈ 10 500 € Base imposable très faible voire nulle
Années 8 à 15 ≈ 4 500 € Base imposable qui réapparaît progressivement

C’est précisément cette remontée de la base imposable à moyen et long terme qui permet de distinguer une logique temporaire (Pinel) d’une logique structurante (Jeanbrun).

Simulation 1 : investissement locatif en loi Pinel (cadre historique)

La loi Pinel reposait sur une réduction d’impôt forfaitaire et limitée dans le temps. Elle n’agissait pas sur la mécanique fiscale des loyers, mais venait s’imputer sur l’impôt global du foyer pendant la durée d’engagement.

Hypothèses spécifiques simulation Pinel

  • Durée d’engagement : 9 ans
  • Taux de réduction d’impôt : 18 %
  • Réduction totale : 54 000 €
  • Réduction annuelle : 6 000 € pendant 9 ans

Lecture fiscale sur 15 ans

  Années 1 à 9 Années 10 à 15
Fiscalité des loyers Pinel actif + intérêts encore « significatifs » Pinel terminé + base imposable qui remonte
Réduction d’impôt Pinel – 6 000 € / an 0 €
Lecture patrimoniale Avantage fiscal externe aux loyers Rupture de l’avantage

Le Pinel produit donc un avantage fiscal déconnecté de la fiscalité réelle des loyers. Lorsque les intérêts diminuent et que la réduction disparaît, l’investisseur se retrouve exposé à une remontée nette de l’imposition.

Simulation 2 : investissement locatif avec le dispositif Jeanbrun

Le dispositif Jeanbrun repose sur l’amortissement du bien immobilier, qui vient compléter la déductibilité classique (charges et intérêts) et permet de lisser la fiscalité dans le temps.

Montant d’investissement « optimal » pour maximiser le plafond d’amortissement Jeanbrun

Pour estimer un ordre de grandeur d’investissement permettant de « remplir » le plafond annuel d’amortissement, on peut raisonner à partir des taux et plafonds annoncés. Le calcul ci-dessous donne une base amortissable théorique (principalement le bâti amortissable).

Niveau de loyer Taux Plafond annuel Base amortissable
Intermédiaire 3,5 % 8 000 € ≈ 228 600 €
Social 4,5 % 10 000 € ≈ 222 200 €
Très social 5,5 % 12 000 € ≈ 218 200 €

Note: le plafond annuel d’amortissement Jeanbrun dépend du niveau de loyer choisi (intermédiaire / social / très social). En pratique, l’objectif n’est pas de « cocher un plafond », mais de calibrer le couple loyer–marché (tension locative, vacance, rotation) pour sécuriser l’exploitation et rendre l’amortissement réellement efficace dans la durée.

À retenir : ce raisonnement porte sur la valeur amortissable (bâti), pas sur le prix d’achat « tout compris ». La valeur du terrain est toujours exclue, certaines fractions peuvent être non éligibles selon la doctrine applicable, et l’amortissement reste conditionné à la capacité d’imputation réelle du foyer.

Hypothèses spécifiques simulation Jeanbrun

  • Durée d’engagement : 9 ans minimum
  • Taux d’amortissement (neuf) : 3,5 %
  • Amortissement retenu (plafonné) : 8 000 € / an (loyer intermédiaire)

Effet fiscal réel (TMI 41 %) et prélèvements sociaux (17,2 %)

  Années 1 à 7 Années 8 à 15
Contexte fiscal des loyers Intérêts élevés : base souvent faible Intérêts en baisse : base qui remonte
Amortissement retenu (exemple loyer intermédiaire) 8 000 € / an 8 000 € / an
Hypothèse de taux utilisée pour illustrer l’économie 41 % 58,2 %
Économie d’impôt estimée liée à l’amortissement ≈ 3 280 € / an ≈ 4 650 € / an

Pourquoi 58,2 % à partir de la seconde période ? En pratique, lorsque les intérêts d’emprunt diminuent, la base imposable des revenus fonciers a tendance à réapparaître. À ce moment, l’imposition « redevient pleine » et l’économie liée à l’amortissement se mesure généralement en intégrant l’IR (TMI) et les prélèvements sociaux (17,2 %). C’est précisément dans cette phase (années 8 à 15) que l’amortissement Jeanbrun devient le plus structurant pour contenir la remontée de la fiscalité sur les loyers.

L’amortissement Jeanbrun vise donc à stabiliser la fiscalité des loyers dans la durée, plutôt qu’à produire un avantage « ponctuel » concentré sur les premières années.

Lecture patrimoniale sur 15 ans

Sur 15 ans, la comparaison devient réellement lisible, car elle met en évidence deux dynamiques opposées :

  • Pinel : un avantage fiscal fort mais temporaire, qui s’éteint alors même que la base imposable a tendance à remonter avec la baisse des intérêts ;
  • Jeanbrun : un mécanisme structurant qui prend de la valeur à mesure que le crédit s’amortit, en limitant la hausse de la fiscalité des loyers lorsque les charges financières deviennent moins déductibles.

Sur la durée, le dispositif Jeanbrun permet potentiellement d’amortir la quasi-totalité de la valeur du bâti amortissable, sous réserve :

  • de l’exclusion systématique de la valeur du terrain,
  • des règles fiscales applicables (fractions non éligibles éventuelles),
  • de la capacité d’imputation annuelle réelle du foyer.

En pratique, on parle donc d’un amortissement progressif de la quasi-totalité de la valeur du bâti amortissable, visant à maîtriser durablement la fiscalité des loyers, et non à générer une défiscalisation ponctuelle.

À retenir : Simulation Jeanbrun vs Pinel

  • Le Pinel reposait sur une réduction d’impôt limitée dans le temps.
  • Jeanbrun s’appuie sur l’amortissement et la structure réelle des loyers (charges + intérêts + remontée de base).
  • Avec un TMI de 41 %, 8 000 € d’amortissement ≈ 3 280 € d’économie (IR seul) et ≈ 4 650 € lorsque l’imposition redevient « pleine » (IR + PS).
  • Jeanbrun évite la rupture fiscale à moyen et long terme, lorsque les intérêts baissent.

FAQ – Simulation Jeanbrun vs Pinel

Pourquoi la comparaison doit-elle être faite sur 15 ans ?

Parce que la fiscalité des loyers évolue avec la baisse des intérêts d’emprunt. Une analyse courte masque les effets structurants de l’amortissement, qui deviennent plus visibles lorsque la base imposable remonte.

Jeanbrun est-il toujours plus avantageux que le Pinel ?

Pas systématiquement à court terme, surtout si les intérêts neutralisent déjà la base imposable. En revanche, il est généralement plus cohérent sur le long terme pour des investisseurs fortement fiscalisés, car il limite la remontée de fiscalité quand les intérêts baissent.

Pourquoi ne peut-on pas comparer directement réduction d’impôt et amortissement ?

Parce qu’une réduction d’impôt (Pinel) s’impute directement sur l’impôt dû, tandis que l’amortissement (Jeanbrun) réduit la base imposable. L’économie dépend donc du taux marginal d’imposition du foyer et, le cas échéant, des prélèvements sociaux.

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