Dispositif Jeanbrun : amortissement, revenu global et nouveau pilier de l’investissement locatif
Immobilier neuf, immobilier ancien, déficit foncier et amortissement : analyse complète des mécanismes fiscaux du dispositif Jeanbrun à partir de 2026
Avec l’émergence du dispositif Jeanbrun, l’investissement locatif privé entre dans une nouvelle phase. Après la disparition de la loi Pinel fin 2024 et une période d’incertitude pour les investisseurs, ce nouveau cadre fiscal entend restaurer une logique patrimoniale de long terme, fondée sur l’amortissement du bien, la maîtrise de la fiscalité des loyers et la relance durable de l’offre locative.
Mis à jour le 26 janvier 2026
Par Sébastien Couston
6 minutes
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Sommaire
- Cadre officiel et fondement législatif du dispositif Jeanbrun
- Pourquoi le dispositif Jeanbrun marque une rupture avec la loi Pinel
- L’amortissement au cœur du nouveau dispositif Jeanbrun
- Déficit foncier et imputation sur le revenu global
- Simulation de défiscalisation Jeanbrun
- Une logique patrimoniale de long terme, héritière des dispositifs amortissables
- FAQ – Dispositif Jeanbrun
Issu des travaux parlementaires relatifs au statut du bailleur privé et intégré au projet de loi de finances pour 2026, le dispositif Jeanbrun ne constitue pas une mesure transitoire. Il a vocation à devenir le nouveau pilier de l’investissement locatif, en particulier dans l’immobilier neuf et rénové.
Initialement présenté sous l’appellation de statut du bailleur privé, ce nouveau cadre fiscal a depuis pris le nom de dispositif Jeanbrun, conformément à l’usage en matière de défiscalisation immobilière. Ce changement de dénomination n’altère pas l’esprit du texte, mais vise à en renforcer la lisibilité et l’identification par les investisseurs.
Cadre officiel et fondement législatif du dispositif Jeanbrun
Dans la communication institutionnelle, la réforme est présentée comme le dispositif de relance du logement locatif. Sur le plan parlementaire, elle s’inscrit notamment dans le cadre de l’article 12 octies du projet de loi de finances, issu des travaux relatifs au statut du bailleur privé.
L’appellation dispositif Jeanbrun, désormais largement reprise par les professionnels de l’immobilier et de la gestion patrimoniale, s’inscrit dans l’usage historique de la défiscalisation immobilière, où les grands dispositifs sont identifiés par le nom du ministre du Logement en exercice lors de leur mise en œuvre.
Au-delà de la dénomination, l’enjeu est clair : poser un nouveau cadre fiscal pérenne, fondé sur l’économie réelle de l’investissement locatif (amortissement, charges, durée de détention), et non sur une simple réduction d’impôt temporaire.
Pourquoi le dispositif Jeanbrun marque une rupture avec la loi Pinel
La loi Pinel reposait sur une réduction d’impôt forfaitaire, encadrée par un zonage géographique strict et des plafonds de loyers prédéfinis. Si ce modèle a permis de soutenir la construction pendant plusieurs années, il a montré ses limites : instabilité réglementaire, complexité, déconnexion avec certaines réalités locales.
Le dispositif Jeanbrun adopte une approche différente, davantage économique et patrimoniale :
- absence de zonage géographique obligatoire,
- fiscalité basée sur l’amortissement réel du bien,
- neutralisation progressive de l’imposition des loyers,
- engagement locatif de long terme.
Il ne s’agit plus de « vendre une réduction d’impôt », mais de reconstruire un cadre fiscal cohérent pour le bailleur privé.
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L’amortissement au cœur du nouveau dispositif Jeanbrun
Le mécanisme central du dispositif Jeanbrun repose sur l’amortissement du bien immobilier. Contrairement aux dispositifs précédents, l’avantage fiscal n’est pas figé à l’avance mais s’inscrit dans une logique comptable étalée dans le temps.
Immobilier neuf : l’amortissement imputable sur le revenu global
Dans l’immobilier neuf, le dispositif Jeanbrun introduit une évolution majeure : l’amortissement peut, sous conditions, être imputé sur le revenu global, et non plus uniquement sur les revenus fonciers.
Les taux d’amortissement envisagés varient selon le niveau de loyer pratiqué :
- 3,5 % par an en loyer intermédiaire (plafond annuel : 8 000 €),
- 4,5 % en loyer social (plafond : 10 000 €),
- 5,5 % en loyer très social (plafond : 12 000 €).
Ce mécanisme permet, dans de nombreux cas, de neutraliser la fiscalité des loyers dès les premières années d’exploitation.
Quel montant d’investissement pour optimiser l’amortissement Jeanbrun ?
Les plafonds annuels d’amortissement introduisent mécaniquement une notion de montant d’investissement optimal. Au-delà de ces seuils, l’amortissement supplémentaire n’est pas immédiatement imputable et se reporte dans le temps.
- Loyer intermédiaire : plafond de 8 000 € → investissement optimal ≈ 230 000 à 260 000 €
- Loyer social : plafond de 10 000 € → investissement optimal ≈ 260 000 à 290 000 €
- Loyer très social : plafond de 12 000 € → investissement optimal ≈ 300 000 à 330 000 €
Ces ordres de grandeur correspondent à des opérations permettant d’utiliser pleinement l’amortissement annuel sans créer de décalage excessif dans le temps. Ils doivent bien entendu être ajustés selon la quote-part de terrain non amortissable et la structuration exacte de l’opération.
Immobilier ancien : priorité à la rénovation
Le dispositif Jeanbrun s’applique également à l’immobilier ancien, sous réserve de travaux représentant au moins 30 % du coût total de l’opération.
Les taux d’amortissement proposés sont alors :
- 3 % en loyer intermédiaire,
- 3,5 % en loyer social,
- 4 % en loyer très social.
Dans ce cas, l’amortissement est plafonné à 10 700 € par an.
Déficit foncier et imputation sur le revenu global
Autre levier structurant du dispositif Jeanbrun : la possibilité d’imputer jusqu’à 21 400 € de déficit foncier par an sur le revenu global, jusqu’en 2027.
Combiné à l’amortissement, ce mécanisme améliore sensiblement la trésorerie des premières années et sécurise l’équilibre économique des projets.
Simulation de défiscalisation Jeanbrun
Investissement Jeanbrun dans l’immobilier neuf
Situation :
Vous investissez dans un logement neuf destiné à la location intermédiaire pour un montant de 300 000 €.
- Type de bien : logement neuf
- Montant de l’investissement : 300 000 €
- Type de location : loyer intermédiaire
- Taux d’amortissement : 3,5 %
| Montant annuel | |
|---|---|
| Amortissement théorique | 10 500 € |
| Amortissement retenu (plafonné) | 8 000 € |
L’amortissement annuel de 8 000 € peut être imputé sur le revenu global, réduisant significativement l’imposition du foyer.
Lecture patrimoniale : dans cet exemple, l’amortissement plafonné à 8 000 € correspond précisément au plafond annuel du loyer intermédiaire. L’investissement est ainsi calibré pour produire un avantage fiscal régulier et pleinement utilisé chaque année, sans dépendre d’une réduction d’impôt extérieure au mécanisme locatif.
Investissement Jeanbrun dans l’immobilier ancien avec travaux
Situation :
Vous acquérez un logement ancien pour 200 000 € et réalisez 90 000 € de travaux, soit plus de 30 % du coût total.
- Coût total : 290 000 €
- Type de location : loyer social
- Taux d’amortissement : 3,5 %
| Montant annuel | |
|---|---|
| Amortissement retenu | 10 150 € |
| Déficit foncier imputable | 21 400 € |
Ce cumul permet de réduire fortement l’imposition globale tout en valorisant un bien rénové.
Lecture patrimoniale : la combinaison amortissement + déficit foncier permet ici d’absorber une part significative de l’imposition globale du foyer durant les premières années, tout en préparant une fiscalité stabilisée lorsque les intérêts d’emprunt diminueront.
Une logique patrimoniale de long terme, héritière des dispositifs amortissables
Par sa logique d’amortissement, son absence de zonage strict et son ancrage dans l’économie réelle des loyers, le dispositif Jeanbrun s’inscrit dans la continuité des dispositifs patrimoniaux de type Robien, tout en intégrant un encadrement social et fiscal renforcé.
Contrairement aux dispositifs fondés sur une réduction d’impôt temporaire, Jeanbrun vise à accompagner toute la durée de détention du bien. À mesure que les intérêts d’emprunt diminuent, l’amortissement devient le levier central de maîtrise de la fiscalité, évitant la rupture souvent observée à l’issue des anciens dispositifs.
À retenir : l’essentiel du futur dispositif Jeanbrun
- Nouveau pilier de l’investissement locatif post-Pinel.
- Amortissement au cœur du dispositif.
- Imputation possible sur le revenu global.
- Déficit foncier jusqu’à 21 400 €.
- Applicable au neuf comme à l’ancien.
FAQ – Dispositif Jeanbrun
Pourquoi ne peut-on pas comparer directement réduction d’impôt et amortissement ?
Parce qu’une réduction d’impôt (comme le Pinel) s’impute directement sur l’impôt dû, tandis que l’amortissement (Jeanbrun) réduit la base imposable. L’économie dépend donc du taux marginal d’imposition du foyer et, le cas échéant, des prélèvements sociaux.
Le dispositif Jeanbrun remplace-t-il définitivement la loi Pinel ?
Oui. Il a vocation à devenir le nouveau cadre fiscal de référence de l’investissement locatif privé après l’extinction du Pinel.
Peut-on cumuler amortissement et déficit foncier ?
Oui. Le dispositif Jeanbrun permet de combiner amortissement et déficit foncier imputable sur le revenu global.
Le dispositif Jeanbrun est-il réservé au neuf ?
Non. Il s’applique également à l’ancien sous condition de travaux significatifs.
Existe-t-il un zonage géographique ?
Non. Le dispositif Jeanbrun ne repose sur aucun zonage obligatoire.