Loi Jeanbrun 2026 : tout savoir sur le dispositif Jeanbrun
Achat en SCI, choix du locataire, démarches et revente : vérifier les conditions à chaque étape du projet.
Un logement présenté comme éligible au dispositif Jeanbrun ne suffit pas à garantir la déduction fiscale. La date d’achat, le mode de détention, le locataire et les engagements déclaratifs doivent aussi être examinés. Cette FAQ répond aux questions pratiques qui se posent avant l’acquisition, pendant la location et au moment de revendre.
Mis à jour le 18 septembre 2026
Par Sophie Bequet
10 minutes
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Sommaire
Peut-on investir à plusieurs en SCI, louer à un enfant qui déclare ses propres revenus ou revendre dès la neuvième année ? Ces décisions peuvent modifier le traitement fiscal du projet. Elles méritent d’être examinées avant de signer, même lorsque le programme immobilier remplit les conditions techniques.
La loi Jeanbrun permet, sous conditions, de déduire un amortissement des revenus fonciers en contrepartie d’une location nue à usage de résidence principale. Les réponses ci-dessous portent sur la mise en œuvre du dispositif : achat, bail, déclaration et sortie.
Quatre vérifications avant de s’engager
- L’éligibilité concerne à la fois le logement, l’opération et les conditions de location.
- Une SCI à l’impôt sur le revenu peut convenir, avec un engagement de conservation des parts.
- Les restrictions familiales comprennent notamment les parents, les enfants, les frères et les sœurs.
- Le calendrier de revente doit tenir compte de l’engagement locatif et des éventuels déficits imputés sur le revenu global.
FAQ – Achat, location et démarches en Jeanbrun
Un logement déjà acheté peut-il entrer dans le dispositif ?
Les acquisitions concernées doivent intervenir entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Un logement acquis avant cette période ne devient pas éligible simplement parce que son propriétaire décide ensuite de le louer sous les conditions Jeanbrun.
Pour un logement que le contribuable fait construire, le texte retient le dépôt de la demande de permis de construire pendant cette période. La date d’une réservation commerciale ne suffit donc pas à déterminer l’éligibilité : identifiez l’événement retenu pour votre opération, puis vérifiez les autres conditions du dispositif.[1]
Une maison individuelle est-elle éligible ?
Le dispositif vise des logements situés en France dans un bâtiment d’habitation collectif, au sens du Code de la construction et de l’habitation. Une maison individuelle ne répond pas à cette condition. Dans un ensemble immobilier mêlant plusieurs formes d’habitat, faites confirmer la qualification du bâtiment concerné.
Le dispositif ne réserve pas l’investissement à une liste de communes comme certains régimes antérieurs. L’adresse reste néanmoins déterminante pour les plafonds de location et l’analyse de la demande locative.[1]
Dans l’ancien, un budget de travaux de 30 % suffit-il ?
Non. Le texte prévoit notamment des travaux conduisant à la production ou à la livraison d’un immeuble neuf au sens fiscal, ou une opération d’amélioration représentant au moins 30 % du prix d’acquisition et satisfaisant les critères légaux de réhabilitation lourde. Le montant des devis ne permet pas, à lui seul, de conclure.
Dans cette seconde situation, pour un prix d’acquisition retenu de 200 000 €, le seuil de 30 % représente 60 000 € de travaux. Il faut encore vérifier la nature des interventions et les critères techniques. Demandez un dossier détaillant les travaux, leur qualification et les justificatifs prévus à l’achèvement.
Lorsque les travaux ont été réalisés avant l’achat, le logement ne doit pas avoir été utilisé ou occupé, à quelque titre que ce soit, entre leur achèvement et l’acquisition.[1]
Peut-on acheter en SCI ?
Oui, le dispositif peut s’appliquer lorsque le logement appartient à une société non soumise à l’impôt sur les sociétés, notamment une SCI relevant de l’impôt sur le revenu. Le porteur de parts doit s’engager à conserver la totalité de ses titres jusqu’au terme de la période d’engagement locatif.
La SCI doit respecter les conditions du logement et du bail. Les restrictions concernant le locataire s’apprécient aussi par rapport aux associés. Une cession ou une donation de parts pendant l’engagement demande donc une vérification préalable. Une SCI à l’IS relève d’une autre fiscalité et ne bénéficie pas de cette déduction Jeanbrun sur les revenus fonciers.[1]
Peut-on investir en nue-propriété ou démembrer les parts ?
La déduction Jeanbrun ne s’applique pas aux revenus des logements ou des parts dont la propriété est démembrée entre usufruit et nue-propriété. Un projet de donation avec réserve d’usufruit doit donc être examiné avant toute décision.
Une exception encadrée existe lorsque le transfert de propriété ou le démembrement résulte du décès d’un époux soumis à imposition commune : le conjoint survivant peut demander la reprise du dispositif pour la période restant à courir, dans les conditions prévues par le texte.[1]
Peut-on louer à son enfant ou à son frère ?
Non. Le locataire ne peut être un membre du foyer fiscal du propriétaire, ni son parent ou allié jusqu’au deuxième degré inclus. Cette restriction vise notamment les parents, enfants, grands-parents, petits-enfants, frères et sœurs. Un enfant qui dépose sa propre déclaration de revenus reste concerné.
La location à un associé ou à un membre de son foyer fiscal, à son parent ou allié jusqu’au deuxième degré prive cet associé du bénéfice de la déduction. Passer par une SCI ne permet donc pas de contourner cette restriction.[1]
Le plafond fiscal peut-il être appliqué automatiquement comme loyer ?
Le niveau choisi — intermédiaire, social ou très social — impose des plafonds de loyer et de ressources. Vérifiez le barème correspondant, la localisation, la surface retenue et les conditions propres à la catégorie de location. Un taux d’amortissement plus élevé ne suffit pas à justifier le choix d’un niveau de loyer.
Le plafond fiscal ne garantit ni que le marché accepte ce montant, ni que les autres règles du bail permettent de le demander. Selon l’adresse et le cadre de location, le précédent loyer ou un encadrement local peuvent également intervenir. Notre méthode pour déterminer quel loyer retenir pour un investissement locatif détaille ces contrôles.
Que se passe-t-il si les revenus du locataire augmentent ?
Les ressources sont appréciées à la date de conclusion du bail, avec les justificatifs et l’année de référence prévus par les règles applicables. Une hausse ultérieure des revenus ne remet donc pas, à elle seule, en cause le contrôle effectué à l’entrée dans les lieux.
Lors d’un changement de locataire, le dossier du nouvel occupant doit être vérifié. Conservez les avis d’imposition retenus, la composition du foyer et le calcul du plafond applicable. Le respect des conditions de loyer et d’usage du logement doit, lui, être suivi pendant la location.[1]
Quel délai faut-il respecter pour la première location ?
La location doit prendre effet dans les douze mois suivant l’achèvement du logement neuf ou des travaux éligibles dans l’ancien, ou l’acquisition si celle-ci est postérieure. Préparez la commercialisation locative et le dossier du futur occupant avant cette échéance.
Le point de départ de l’amortissement est distinct : il correspond au premier jour du mois de cet achèvement ou de l’acquisition lorsqu’elle intervient plus tard. Il ne faut pas confondre ce départ fiscal, la date du premier bail et la durée minimale de neuf ans de location.[1]
Comment traiter un départ du locataire pendant l’engagement ?
Le texte exige une location effective et continue. Le délai de douze mois prévu pour la première mise en location ne constitue pas une autorisation générale de laisser le logement vide pendant douze mois entre deux baux.
Engagez rapidement les démarches de relocation et conservez les preuves : mandat, annonces, demandes reçues, visites et éventuels ajustements du loyer. Faites apprécier les conséquences de la vacance selon ses circonstances et les règles applicables. Le logement doit rester destiné à la location prévue ; une occupation personnelle ou une conversion en location meublée ne respecte pas cet engagement.[1]
Quand exercer l’option et peut-on rester au micro-foncier ?
L’option doit être exercée lors du dépôt de la déclaration des revenus de l’année d’achèvement du logement ou des travaux, ou de l’année d’acquisition si elle est postérieure. Elle est irrévocable pour le logement concerné. Le seul achat d’un programme présenté comme compatible ne tient pas lieu d’option.
Le bénéfice de cet amortissement exclut le micro-foncier pour les revenus fonciers du foyer. Le calcul passe par le régime réel : recettes, charges admises, amortissement et éventuels déficits. Préparez les pièces nécessaires avant la première déclaration et utilisez les formulaires et notices correspondant à l’année déclarée.[2]
Le plafond d’amortissement s’applique-t-il par appartement ?
Non. Le plafond de base est de 8 000 € par an et par foyer fiscal, en additionnant les amortissements Jeanbrun du neuf et de l’ancien. Acheter un deuxième logement ne double pas ce plafond.
Il peut atteindre 10 000 € ou 12 000 € lorsque 50 % au moins des revenus bruts issus des logements bénéficiant de ces amortissements proviennent respectivement de locations sociales ou très sociales. Ce contrôle porte sur les revenus des logements concernés, pas sur le nombre d’appartements ni sur l’ensemble des revenus du foyer.
Les 10 700 € souvent cités correspondent au plafond ordinaire d’imputation du déficit foncier hors intérêts sur le revenu global. Ils ne constituent pas un plafond d’amortissement propre à l’ancien. Notre article sur le calcul de l’amortissement Jeanbrun distingue la base, le taux, le plafond et l’économie d’impôt.[3]
Peut-on cumuler Jeanbrun, Denormandie ou Malraux ?
Pour un même logement ancien, le régime Jeanbrun exclut notamment les avantages Denormandie et Malraux. Les immeubles classés ou inscrits au titre des monuments historiques, ainsi que ceux bénéficiant du label de la Fondation du patrimoine visé par le texte, sont également exclus de cette branche du dispositif.
Les travaux retenus dans l’amortissement Jeanbrun de l’ancien ne peuvent pas être déduits une seconde fois comme charges de travaux. Cette règle n’empêche pas de tenir compte des autres charges admises au régime réel, sous leurs conditions propres. Des investissements distincts peuvent relever de régimes différents : la comparaison doit être menée bien par bien, puis au niveau du foyer.[1]
Que risque-t-on en cas de vente avant la fin de l’engagement ?
Une rupture de l’engagement peut entraîner la réintégration des amortissements déduits dans le revenu foncier de l’année concernée, selon le mécanisme fiscal prévu par la loi. Le risque ne se limite donc pas à perdre la déduction des années restantes.
Le texte prévoit des exceptions à cette majoration en cas de licenciement, de décès ou d’invalidité relevant des deuxième ou troisième catégories légales, pour le contribuable ou l’un des époux soumis à imposition commune. Un simple changement de projet ne figure pas parmi ces exceptions. Faites examiner la situation avant de vendre, donner le bien ou modifier son usage.[1]
Après neuf ans, la revente est-elle sans incidence fiscale ?
Non. Vérifiez d’abord que l’engagement de location est effectivement achevé : neuf ans depuis l’acte d’achat ne correspondent pas nécessairement à neuf ans de location. Ensuite, un déficit foncier imputé sur le revenu global impose, en principe, de maintenir la location jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant cette imputation. Une imputation récente peut donc prolonger la contrainte au-delà de l’engagement Jeanbrun initial.
La plus-value de cession doit aussi être calculée. Les amortissements Jeanbrun admis en déduction minorent en principe le prix d’acquisition retenu pour ce calcul. Le terme des neuf ans ne fait pas disparaître cette règle ; les abattements et exonérations éventuels s’examinent séparément.[4]
Notre simulation Jeanbrun sur quinze ans montre l’évolution du budget pendant la détention et les éléments à compléter pour apprécier la sortie.
Quels documents réunir pour suivre son investissement ?
Un dossier utile permet de relier chaque déclaration aux caractéristiques du logement, au bail et aux montants réellement retenus. Ce tableau propose une organisation pratique des pièces à conserver ; les justificatifs exigés dépendent de l’opération.
| Étape | Pièces à réunir | Contrôle recherché |
|---|---|---|
| Avant l’acquisition | Projet d’acte, description du bâtiment, calendrier, prix détaillé et dossier technique des travaux s’il y en a. | Identifier la branche du dispositif, les dates et les conditions d’éligibilité. |
| À l’achèvement | Justificatif d’achèvement, factures et documents techniques adaptés à l’opération. | Établir la base retenue et les échéances de déclaration et de première location. |
| À chaque nouveau bail | Bail, avis d’imposition et composition du foyer du locataire, calcul du plafond de loyer et justificatifs propres au niveau de location. | Vérifier les ressources, le loyer, l’usage du logement et les restrictions familiales. |
| Chaque année | Relevé des recettes, charges, tableau des amortissements, déficits et copies des déclarations. | Suivre les montants déduits et les plafonds au niveau du foyer. |
| Avant une cession ou une donation | Historique des baux, engagements, amortissements et déficits imputés sur le revenu global. | Contrôler les engagements encore en cours et chiffrer les conséquences fiscales. |
En SCI, ajoutez les statuts, la répartition des parts et les engagements de conservation des associés. En cas de vacance, conservez aussi la chronologie et les preuves des démarches de relocation.
Les conditions Jeanbrun sont-elles compatibles avec votre projet ?
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Références :
1. CGI, article 31, I, 1°, i et j — Logements, location, détention et engagements ; Ministère de l’Économie — Présentation du dispositif Relance logement, période d’application et logements concernés.
2. CGI, article 31 — Option pour la déduction d’amortissement ; CGI, article 32, 2, c et e — Exclusions du micro-foncier.
3. CGI, article 31 — Plafond commun des amortissements du neuf et de l’ancien ; DGFiP — Location vide de meubles, règles du déficit foncier.
4. DGFiP — Déficit foncier et maintien de la location ; CGI, article 150 VB, III — Amortissements et prix d’acquisition retenu pour la plus-value.
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