Loueur en meublé professionnel (LMP) : conditions, fiscalité et exemples

Comprendre les critères du LMP et leurs conséquences sur vos revenus, vos cotisations et la revente.

Le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) dépend des recettes locatives et des autres revenus de votre foyer fiscal. Il peut s’appliquer à un logement loué directement comme à un investissement en résidence services. Comment savoir si vous êtes concerné ? Quels sont les effets sur les charges déductibles, les cotisations et la plus-value ? Voici les règles à connaître et des exemples pour préparer votre investissement.

Loueur en meublé professionnel (LMP) : conditions, fiscalité et exemples
Sophie Bequet

Mis à jour le 21 septembre 2026

Par Sophie Bequet

Le LMP est une qualification fiscale de l’activité de location meublée. Elle dépend de votre situation, peut évoluer d’une année à l’autre et entraîne des conséquences pendant la location comme à la revente. Pour situer ce statut dans votre projet, notre guide de la location meublée LMP et LMNP présente les principaux mécanismes de l’investissement meublé.

L’essentiel à retenir sur le LMP

  • Deux conditions doivent être réunies : plus de 23 000 € de recettes annuelles et des recettes supérieures aux autres revenus du foyer retenus pour la comparaison.
  • Le statut dépend des recettes ; l’impôt au régime réel dépend du résultat après déductions.
  • La simulation doit intégrer les cotisations sociales et les conséquences d’une revente.
  • La TVA et l’IFI obéissent à leurs propres conditions.

Quelles sont les conditions pour être loueur en meublé professionnel ?

L’activité relève du LMP lorsque les deux critères suivants sont remplis au niveau de l’ensemble du foyer fiscal :

  • les recettes annuelles de location meublée sont strictement supérieures à 23 000 € ;
  • elles sont strictement supérieures aux autres revenus du foyer appartenant aux catégories prévues par la loi : traitements et salaires, autres BIC, bénéfices agricoles, bénéfices non commerciaux et rémunérations relevant de l’article 62 du CGI.

Il suffit qu’un de ces critères manque pour que l’activité reste non professionnelle. Le statut ne se choisit donc pas librement lors d’une déclaration. L’inscription au registre du commerce et des sociétés n’est plus un critère de distinction entre LMP et LMNP.

Quels montants faut-il comparer ?

Les recettes de location meublée correspondent aux loyers acquis, charges comprises et toutes taxes comprises. La date de paiement ne suffit donc pas toujours à déterminer l’année de rattachement. Il faut agréger les locations des membres du foyer.

En face, les revenus des catégories concernées sont retenus pour leur montant net fiscal, après les charges ou abattements applicables. Les pensions de retraite entrent dans cette comparaison. Le salaire brut et le revenu fiscal de référence ne constituent pas les bons montants à reporter tels quels.[1]

Les exemples suivants portent sur une année civile complète. La colonne des autres revenus comprend uniquement les catégories à retenir pour ce test.

Recettes meublées du foyer Autres revenus nets retenus Statut fiscal Explication
20 000 € 15 000 € LMNP Les recettes ne dépassent pas 23 000 €.
36 000 € 45 000 € LMNP Les autres revenus restent supérieurs aux recettes meublées.
36 000 € 28 000 € LMP Les deux conditions sont remplies.
36 000 € 36 000 € LMNP L’égalité ne remplit pas le second critère.

Un foyer qui conserve 36 000 € de recettes meublées peut ainsi passer du LMNP au LMP si ses autres revenus nets retenus diminuent de 45 000 € à 28 000 €, par exemple à la retraite. Les pensions restent à compter : un départ à la retraite ne provoque pas systématiquement ce changement.

Un début ou une cessation totale d’activité en cours d’année nécessite les ajustements prévus par les textes. Pour un non-résident, les règles de comparaison tiennent désormais compte des revenus concernés soumis à un impôt équivalent dans l’État de résidence : le calcul doit être adapté.[1]

Faut-il investir dans une résidence services pour être LMP ?

Le LMP peut concerner un appartement meublé loué directement, plusieurs logements ou un bien donné à bail à l’exploitant d’une résidence services. Le logement doit comporter le mobilier nécessaire à une occupation normale.

Le mode de gestion détermine surtout vos responsabilités et vos risques. En location directe, vous assumez notamment la recherche du locataire, les périodes sans loyer et l’entretien. Avec un exploitant, la lecture du bail, la répartition des dépenses et la capacité du preneur à payer deviennent essentielles. Un loyer prévu au contrat reste exposé au risque d’impayé.

Les prestations hôtelières appellent une analyse distincte. Proposer un petit-déjeuner, du linge ou une réception ne constitue pas une condition d’accès au LMP. Pour comparer les modes d’exploitation, consultez notre guide de la location meublée sans bail commercial.

Comment les revenus d’un LMP sont-ils imposés ?

Le statut LMP et le régime d’imposition sont deux questions différentes

En détention directe, les revenus de location meublée relèvent des bénéfices industriels et commerciaux, ou BIC. Il faut ensuite déterminer si le micro-BIC s’applique ou si l’activité relève du régime réel, de plein droit ou sur option.

Pour la location meublée de longue durée, le seuil du micro-BIC est de 83 600 € pour les revenus de 2026, avec un abattement de 50 %. L’éligibilité s’apprécie selon les règles de chiffre d’affaires des années de référence. Ces paramètres ne doivent pas être transposés à toutes les locations touristiques. Au micro, les charges et amortissements ne se déduisent pas séparément de l’abattement.[2]

Au réel, distinguer les charges et l’amortissement

Le régime réel permet de tenir compte des dépenses déductibles justifiées : entretien, assurance, gestion ou intérêts d’emprunt, notamment. Le remboursement du capital du crédit reste une sortie de trésorerie, sans constituer une charge déductible.

L’amortissement répartit le coût des éléments amortissables sur leur durée d’utilisation. Le terrain ne s’amortit pas. La ventilation du prix et les durées doivent correspondre au bien et à ses composants ; un pourcentage uniforme de 90 % ou une durée identique pour tous les investissements ne convient pas.

Pour un particulier louant directement, la déduction des amortissements est plafonnée en fonction des loyers acquis et des autres charges afférentes aux biens. Elle ne peut pas créer ou aggraver le déficit locatif. La fraction régulièrement comptabilisée mais non déduite peut être utilisée ultérieurement, dans les conditions et limites prévues par l’article 39 C du CGI.[2]

Exemple : être LMP avec un résultat imposable nul

Reprenons le foyer percevant 36 000 € de recettes meublées et 28 000 € d’autres revenus nets retenus. Pour illustrer le plafonnement, supposons une activité au réel sans TVA ni reports antérieurs, avec 24 000 € de charges déductibles autres que l’amortissement et une dotation annuelle de 16 000 €. Les montants sont supposés intégralement retenus dans le calcul du plafond applicable aux biens loués.

Élément du calcul annuel Montant
Recettes locatives 36 000 €
Autres charges déductibles retenues 24 000 €
Résultat avant amortissement 12 000 €
Amortissement comptabilisé 16 000 €
Amortissement déduit cette année 12 000 €
Amortissement non déduit à suivre pour les années suivantes 4 000 €
Résultat fiscal de l’exemple 0 €

Les 4 000 € restants constituent un amortissement non déduit, pas un déficit imputable sur les autres revenus. Le foyer reste LMP puisque les deux critères de recettes sont remplis.

Il s’agit d’un exemple de calcul fiscal, pas d’un budget complet : les charges sont une hypothèse globale, sans simulation du montant des cotisations sociales. L’amortissement ne correspond pas à un décaissement annuel et le remboursement du capital n’apparaît pas dans ce tableau.

Que devient un véritable déficit professionnel ?

Lorsque les charges déductibles hors amortissement dépassent les recettes, un déficit professionnel peut s’imputer sur le revenu global, sans plafond de montant, sous les conditions applicables. Si le revenu global ne suffit pas, le déficit global non absorbé peut être reporté sur les six années suivantes.

Les déficits locatifs ordinaires constitués pendant les années LMNP suivent leur propre régime. Le passage en LMP ne les transforme pas en déficits déductibles du revenu global.[2]

Quelles cotisations et quels autres impôts faut-il prévoir ?

Intégrer les cotisations sociales dans le budget

En location de longue durée, le loueur qui remplit les deux critères du LMP relève des cotisations sociales selon le régime applicable à son activité. En courte durée, des cotisations peuvent aussi être dues alors que le foyer reste LMNP fiscalement.

Le montant dépend notamment du régime social et de l’assiette retenue. Un taux forfaitaire présenté comme valable pour tous les LMP donnerait une estimation trompeuse. Faites établir un calcul comprenant les éventuels minima, les premiers appels et les régularisations : un résultat imposable nul ne permet pas, à lui seul, de conclure à l’absence de cotisations.[3]

TVA, taxe foncière et IFI : des règles spécifiques

Le statut LMP ne suffit pas à récupérer la TVA sur une acquisition. La location meublée d’habitation sans prestations de services est en principe exonérée de TVA. Les opérations soumises à TVA, notamment certaines locations à des exploitants, demandent de vérifier les conditions de déduction et les conséquences d’une revente. Notre article sur la TVA et la revente d’un investissement meublé approfondit ce sujet.

La taxe foncière et, sauf exonération applicable, la cotisation foncière des entreprises doivent également entrer dans les prévisions. Le LMP ne crée pas d’exonération générale de ces impôts.

Pour l’impôt sur la fortune immobilière, l’exonération des biens professionnels répond aux conditions propres de l’article 975 du CGI, notamment concernant l’activité principale et les revenus tirés de l’activité. Il faut effectuer ce contrôle séparément : la seule qualification LMP à l’impôt sur le revenu ne suffit pas à exclure le bien de l’IFI.[3]

Comment se calcule la plus-value à la revente en LMP ?

La cession d’un bien inscrit à l’actif d’une activité LMP relève en principe des plus-values professionnelles. Le calcul tient compte de la valeur fiscale du bien, notamment des amortissements : comparer uniquement le prix de vente au prix d’achat ne suffit pas.

La distinction entre plus-value à court terme et à long terme compte dans l’imposition. Certains abattements liés à la durée de détention concernent uniquement la fraction à long terme. Une détention de quinze ans ne permet donc pas d’annoncer une exonération générale de toute la plus-value.

L’article 151 septies du CGI prévoit une exonération sous conditions. Pour une activité de location meublée hors para-hôtellerie, il faut notamment vérifier :

  • une durée d’exercice à titre professionnel d’au moins cinq ans, appréciée selon les règles applicables ;
  • la moyenne des recettes hors taxes sur la période légale de référence des deux années précédentes ;
  • une exonération totale jusqu’à 90 000 € de recettes de référence, ou partielle au-delà de 90 000 € et en dessous de 126 000 €.

Les cinq années d’activité professionnelle ne se confondent pas avec cinq années de propriété. Une alternance entre LMNP et LMP nécessite donc de reconstituer l’historique. Faites vérifier séparément le traitement fiscal et social de la cession avant de fixer votre prix net vendeur.[4]

Quelles démarches effectuer pour une activité de location meublée ?

Le début d’activité doit être déclaré sur le guichet unique des formalités des entreprises, dans les quinze jours suivant son commencement, afin notamment d’obtenir le numéro SIRET. Les changements concernant une activité existante doivent être traités dans les formalités adaptées à la situation.

Il faut ensuite organiser les déclarations fiscales, les obligations sociales et, au régime réel, la comptabilité. La déclaration initiale de CFE doit aussi être examinée dès la première année. Le numéro SIRET identifie l’activité ; il ne détermine pas, à lui seul, son caractère LMP.[3]

Notre avis : étudier le LMP sur toute la durée du projet

Le statut mérite d’être analysé avec votre évolution de revenus, le financement et la sortie envisagée. Une diminution des salaires, un départ à la retraite ou la vente d’un autre logement meublé peuvent modifier les équilibres retenus au départ.

Demandez une simulation qui distingue :

  • les recettes locatives réalistes, avec une hypothèse de vacance ou d’impayé ;
  • le résultat fiscal après charges et amortissements admis ;
  • les cotisations, les impôts et les remboursements du crédit ;
  • les dépenses de travaux, de mobilier et de gestion ;
  • le produit de revente après frais, fiscalité et remboursement de la dette.

Notre méthode pour évaluer le budget et l’effort d’épargne d’un investissement immobilier aide à rapprocher ces éléments. K&P Finance vous accompagne dans la sélection du bien et l’étude patrimoniale, en lien avec les professionnels chargés de vos calculs fiscaux et sociaux.

Découvrir des programmes en location meublée

Les programmes ci-dessous permettent d’examiner des projets de location meublée. Leur commercialisation dans cette catégorie ne détermine pas votre statut : la qualification LMP ou LMNP dépendra des conditions propres à votre foyer.

Votre projet de location meublée correspond-il à votre situation patrimoniale ?

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FAQ – Loueur en meublé professionnel

Faut-il investir au moins 800 000 € pour être LMP ?

Aucun montant minimal d’acquisition de 800 000 € ne figure dans les critères du LMP. Le statut se détermine à partir des recettes de location meublée et des autres revenus concernés du foyer. Le prix du bien intervient dans l’étude économique de l’opération.

Peut-on rester LMNP avec plus de 23 000 € de recettes ?

Oui, si ces recettes n’excèdent pas les autres revenus nets du foyer retenus pour la comparaison. Le seuil de 23 000 € constitue seulement l’une des deux conditions cumulatives du LMP.

Le passage en LMP entraîne-t-il l’impôt sur les sociétés ?

La qualification LMP ne déclenche pas automatiquement un passage à l’IS. En détention directe à l’impôt sur le revenu, l’activité reste imposée en BIC. Une détention en société demande une analyse propre à sa forme, à son activité et à ses options fiscales.

Références :

1. CGI, article 155, IV — Critères du caractère professionnel ; BOFiP, BOI-BIC-CHAMP-40-10 du 15 avril 2026, notamment § 110 à 165.

2. CGI, article 50-0 — Micro-BIC ; CGI, article 39 C — Limitation et report des amortissements, version en vigueur depuis 2015 ; BOFiP — Calcul de l’amortissement déductible, II ; BOFiP, BOI-BIC-CHAMP-40-20 du 19 août 2026, charges, terrain et déficits ; Service Public — Revenus d’une location meublée, imputation des déficits.

3. Service Public — Location meublée, régimes fiscaux et cotisations sociales ; Service Public Entreprendre — LMP, TVA et impôts locaux ; CGI, article 975 — Exonération d’IFI des actifs professionnels ; DGFiP — Déclaration de début d’activité et formalités des locations meublées.

4. CGI, article 151 septies — Exonération des plus-values professionnelles selon les recettes ; BOFiP, BOI-BIC-CHAMP-40-20, § 400 à 430. Sources consultées le 17 septembre 2026.

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