Quel placement financier pour épargner en 2017 ?

Quel placement financier pour épargner en 2017 ?En ces temps d’incertitude économique, entre remontée du chômage et diminution prévisible des retraites futures, épargner régulièrement est une préoccupation courante chez nombre de Français. L’objectif peut être de mettre quelques sous de côté pour faire face à des périodes difficiles, de constituer un capital pour aider ses enfants à démarrer dans la vie active ou encore de préparer une rente complémentaire de retraite. Dans tous les cas la question est souvent la même : quel support choisir pour épargner en 2017 ?
Les modifications réglementaires, les fréquents aménagements de la fiscalité et les incertitudes liées aux marchés financiers et aux dettes souveraines compliquent le choix de l’épargnant. Voici donc une liste des principaux supports utilisables pour épargner en 2017.

1. Le Livret A

Le livret A est le support historique de la Caisse d’Epargne et est aujourd’hui distribué par toutes les banques. La collecte qui y est réalisée sert à financer la création de logements sociaux et son taux de rémunération est calculé en fonction des taux interbancaires (prêts entre banques) et de l’inflation. La formule mécanique de fixation du taux peut toutefois être amendée par le gouvernement pour des raisons politiques (maintien du pouvoir d’achat par exemple).

  • Pour qui ? Tout le monde peut ouvrir un Livret A, y compris les mineurs quel que soit leur âge, le livret étant alors géré par les parents. Il est toutefois interdit de détenir plusieurs Livrets A.
  • Quel horizon ? Le Livret A est un produit sans risque. Le capital est garanti et le taux de rémunération fixé par le Gouvernement. La liquidité du Livret A est immédiate, en cas de retrait les fonds sont généralement virés sous 24 heures. Le Livret A peut donc être utilisé pour des périodes d’épargne très courtes.
  • Avantages : Le seuil d’accès au Livret A est très bas (généralement 15 €) et il est possible de mettre en place des virements réguliers de son compte courant vers son Livret A. Le détenteur du Livret A ne prend aucun risque, ni sur le capital versé ni sur la rémunération de son épargne. Enfin, la rémunération du livret A ne subit aucune fiscalité, ni impôt ni prélèvements sociaux.
  • Limites : Le dépôt maximal sur un Livret A est de 22 950 €, qui peut toutefois être augmentée de 12 000 € en utilisant un LDD (Livret de Développement Durable) qui fonctionne comme un Livret A, tant sur le plan de la rémunération que se la fiscalité. La rémunération du Livret A est limitée. Le taux d’intérêt est aujourd’hui de 0,75 % depuis le 1er août 2015.

En conclusion, le Livret A est une solution accessible pour une épargne court terme, peu rémunératrice mais sans risque. Il est toujours préférable d’épargner sur son Livret A plutôt que de laisser des liquidités dormantes sur un compte courant qui ne sera pas rémunéré.

2. Les livrets d’épargne bancaires

Le livret d’épargne est un support dont la diffusion a été considérablement développée ces dernières années, notamment avec l’arrivée d’acteurs « spécialisés » sur ce marché : ING, AXA Banque, B for Bank, etc. C’est un support dont la rémunération est souvent sujette à une prime à l’entrée, taux boosté pendant une période donnée sur un montant limité.

  • Pour qui ? Toute personne majeure peut ouvrir un livret d’épargne. Tant les banques que les acteurs spécialisés distribuent ce produit. Une personne physique peut posséder autant de livret d’épargne qu’elle le souhaite.
  • Quel horizon ? Les livrets d’épargne offrent généralement des taux d’intérêts boostés (entre 4% et 5%) sur une période limité de quelques mois. Au-delà, la rémunération est beaucoup moins intéressante, ne dépassant que rarement 2% avant fiscalité. Le livret d’épargne est donc a priori destiné aux projets de court terme.
  • Avantages : le livret d’épargne est un placement qui garantit le capital et propose une rémunération connue d’avance. Il est aussi liquide, les fonds sont généralement disponibles ne moins d’une semaine.
  • Limites : Au-delà de la période de taux boostés, les livrets d’épargne n’offrent qu’une rémunération limitée, entre 1,50% et 2%. Cette rémunération est en outre soumise à un prélèvement forfaitaire libératoire de 24% auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux pour 15,5%.

Avec une fiscalité totale de 39,5%, la rémunération de long terme des livrets d’épargne ne dépasse que rarement 1%, soit moins que l’inflation. Le livret d’épargne ne présente donc que peu d’intérêt sauf à bénéficier exclusivement d’une offre commerciale sur une durée de quelques mois.

3. Le Plan d’Epargne en Actions (PEA)

Le PEA est un compte de titres sur lequel, en contrepartie de l’investissement sur une catégorie de supports limitée, le détenteur bénéficie de conditions fiscales particulièrement avantageuses. Comme son nom l’indique, les sommes versées au PEA doivent être investies en actions françaises ou européennes, que ce soit en direct ou par le biais de fonds (OPCVM).

  • Pour qui ? Toute personne majeure peut ouvrir un PEA. Comme pour le livret A, il n’est autorisé de détenir qu’un seul PEA par personne.
  • Quel horizon ? L’investissement en actions est la catégorie de placement financier la plus risquée. En contrepartie d’une rémunération qui peut s’avérer payante, l’épargnant porte un risque sur le capital investi. D’autre part, ce support atteint son optimum fiscal à la 5 ème année. Il faut donc réserver ce support aux investissements de long terme, en tous cas minimum 5 ans.
  • Avantages : La fiscalité du PEA est très incitative pour l’épargnant. Les gains réalisés sont capitalisés sur le PEA sans fiscalité tant que les sommes ne sont pas retirées. En cas de retrait après 5 ans, l’épargnant ne subit aucune fiscalité sur ses gains, seuls les prélèvements sociaux (15,50%) sont dus. Si le retrait intervient entre 2 et 5 ans de l’ouverture du plan, les gains sont taxés à 19% + 15,50%. Avant 2 ans, la taxation monte à22,50% + 15,50%.
  • Limites : le PEA étant exclusivement investi en actions, il ne peut être le placement financier principal de l’épargnant. En outre, le total des versements réalisés sur le PEA ne peut excéder 132 000 €.

Un peu délaissé depuis les 2 crises de 2000 et 2008 qui ont secoué les marchés actions, le PEA ne manque pourtant pas d’intérêt. Pour un placement de long terme la fiscalité du PEA est particulièrement incitative. La récente reprise des marchés européens et français en particulier mérite en tous cas que les épargnants s’intéressent de nouveau à ce placement financier.

Notre sélection de PEA

4. L’assurance-vie

Souvent appelée « placement préféré des Français », l’assurance-vie est en effet le support drainant la majeure partie de l’épargne. En fait, l’assurance-vie n’est pas en soi un placement financier mais plutôt une enveloppe fiscale au sein de laquelle chacun va pouvoir souscrire des supports financiers lui correspondant, en fonction de ses objectifs et de son appétence au risque.

  • Pour qui ? L’assurance-vie étant un véritable « couteau suisse » du patrimoine financier, tout épargnant devrait avoir un contrat d’assurance-vie. Il est d’ailleurs possible d’avoir plusieurs contrats d’assurance-vie. Certaines compagnies d’assurance acceptent d’ouvrir un contrat à un épargnant mineur. Dans ce cas, les parents sont bien évidemment gestionnaires du contrat jusqu’à la majorité de l’enfant.
  • Quel horizon ? L’assurance-vie atteint son optimum fiscal à 8 ans. Pour autant le mode de calcul de la plus-value lors d’un rachat (retrait) est favorable à l’épargnant dès la première année d’un contrat. Aussi, l’horizon de placement dépend de l’allocation choisie par l’épargnant. Pour un placement court terme, on optera majoritairement pour le fonds en Euros, sans risque, de l’assureur. Pour des horizons plus lointains, on peut intégrer une part d’OPCVM d’actions et d’obligations.
  • Avantages : outre sa souplesse d’utilisation (ticket d’entrée bas, versements programmés possibles, pas de blocage des fonds), le principal avantage de l’assurance-vie reste sa fiscalité. Tout d’abord, les gains ne subissent aucune fiscalité tant que les sommes versées ne sont pas rachetées (retirées) du contrat. Ensuite, lors d’un rachat partiel la part de gains taxable est limitée compte tenu de son mode de calcul. Enfin, l’assurance-vie bénéficie de prélèvements forfaitaires libératoires particulièrement intéressants après 4 ans (15%) et 8 ans (7,50%) et d’un abattement.
  • Limites : Il n’y a quasiment aucun inconvénient à l’assurance-vie en tant que telle. L’offre d’assurance-vie étant très large et un contrat n’étant pas transférable il convient néanmoins de souscrire un « bon » contrat. Il faut s’attacher à limiter les frais et s’assurer que le contrat est suffisamment ouvert pour répondre à toutes les stratégies d’investissement souhaitées.

L’assurance-vie est un outil patrimonial fondamental. Utilisable tant pour se constituer une épargne sans risque à court terme que pour mettre en œuvre les stratégies financières les plus risquées, l’assurance-vie doit constituer l’épine dorsale de toute gestion de patrimoine financier. Même si les fonds en Euros des assureurs sont aujourd’hui moins rémunérateurs qu’auparavant, l’assurance-vie aura en 2017 comme dans les années à venir beaucoup d’intérêt pour les épargnants français.

Notre sélection d’Assurance-vie

Pour conclure, et comme souvent en matière de gestion de patrimoine, il n’y a pas de solution unique et aucun produit ne regroupe tous les avantages sans contrepartie. Choisir ses placements financiers pour 2017 mérite de se poser les bonnes questions. L’objectif de l’investissement, sa durée prévisionnelle et le risque que l’épargnant est prêt à porter sont les facteurs déterminants du choix. Notons quand même qu’en ces temps de durcissement fiscal, l’assurance-vie et le PEA devrait continuer à connaitre du succès en raison de leur fiscalité attractive.