Le logement étudiant : état des lieux

Le logement étudiant : état des lieuxSelon la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), notre pays comptait 2 347 800 étudiants, en 2013. Si la population étudiante a décuplé au cours de la période 1970-2000,  sa croissance a très largement ralenti à + 2,8 % sur la période 2004/2013 (source : MEN-MESR-DEPP), soit 77 000 individus de plus, sur cette décennie.

Par ailleurs, à l’horizon 2022, d’après une note établie par le Ministère de l’enseignement supérieure, en octobre 2013, le nombre d’étudiants  devrait s’établir à 2,6 millions.

Toutefois, les projections de l’INSEE à plus long terme (en 2050), nous apprennent que la population des 20-59 ans restera stable voire baissera légèrement.

Comment se logent les étudiants ?

La caractéristique principale de cette population est sa concentration sur les grandes métropoles françaises. Trente villes concentrent à elles seules les 75 % des étudiants. Et même, 33 % des étudiants résident sur 5 villes : Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Marseille-Aix.

Selon l’Observatoire de la vie étudiante, 32 % des scolarisés vivent encore chez leurs parents, 46 % ont fait le choix de recourir à la location et/ou à la colocation. Pour le reste de la population, les structures collectives pourvoient à leurs besoins.

L’Observatoire de la vie étudiante montrait, dans une récente étude, qu’environ 11 % des étudiants logeaient en résidences universitaires. Toutefois, cette offre n’est accessible qu’à ceux pouvant réunir les critères d’obtention des bourses d’études (revenus du candidat, ceux des parents, charges de la famille, éloignement géographique et résultats universitaires…). Autant dire que tous les prétendants ne seront pas retenus.

Les résidences privées avec services destinées aux étudiants permettent d’étoffer l’offre de logements étudiants. ODALYS, OHLE, Réside Etudes, Habitat Gestion sont quelques opérateurs significatifs de ce secteur.

Cette offre d’hébergement satisfait pleinement les besoins spécifiques de services des 18-25 ans (wifi, laverie, restauration, piscine, conciergerie, etc…) et, répond à une exigence impérieuse : la proximité des lieux d’études. Dans les villes de 100 à 300 000 habitants, le délai moyen du trajet domicile-école est de 20 minutes. Les critères de solvabilité pesant sur les établissements privés imposent une politique de prix qui soit à la fois, concurrentielle (les loyers pratiqués doivent être en phase avec le marché local), et, profitable (le gestionnaire privé doit dégager un bénéfice de son activité malgré des coûts d’exploitation supérieurs à un collectif classique sans services).

Quelles sont les ressources des étudiants ?

L’Observatoire nationale des étudiants a identifié au travers d’une étude menée auprès de 41 000 étudiants (2013), sept sources de revenus dont usent les étudiants : revenus d’activité, aides de la famille, aides publiques, aides du conjoint, économie/épargne, autres ressources, prêt étudiant.

Cette étude dont la légitimité repose sur le nombre conséquent de réponses reçues, nous apprend que les ressources mensuelles des étudiants reflètent de fortes disparités au sein de cette population. Entre un étudiant non boursier non rémunéré, et celui qui travaille, le budget varie entre 496 € et 893 € par mois.

Le marché du logement étudiant

Si la majorité des étudiants ont trouvé facilement à se loger sur l’OVE (70 % des personnes interrogées affirment avoir facilement/très facilement trouvé un logement), la part du budget d’un étudiant consacré au logement  représente près de 43 % des ressources mensuelles (selon la SMENO).

Sur certaines grandes métropoles comme Paris, Marseille ou Saint-Etienne, la moitié des étudiants ont la possibilité de poursuivre leur cursus tout en profitant du cocon familial. C’est encore le cas pour un tiers des toulousains. Conséquence d’une offre de formation sur place suffisamment étoffée  pour satisfaire l’attente des étudiants.

Toutefois, l’insuffisance de structures d’hébergement universitaires pousse les étudiants à se tourner vers le secteur privé. En effet, le logement public ne concerne qu’un étudiant sur neuf. A Paris,  Nantes, Rouen, Bordeaux, Lyon, seuls 2,5 % des jeunes gens vont en résidence universitaire.

Pour ceux qui ne peuvent ni rester chez leurs parents (ou profiter d’un bien détenu par la famille), ni accéder à l’offre du CROUS, c’est-à-dire au total, 53 % des étudiants, le secteur privé pourvoit à leurs besoins.

L’offre de logements est segmentée : l’immobilier locatif traditionnel et la résidence services pour étudiants.

L’intérêt de la résidence avec services est qu’elle concentre en un même lieu, un ensemble de prestations libérant les jeunes de contingences matérielles comme l’ameublement, la restauration, le lavage du linge… La proximité de ces établissements des lieux d’études ainsi que la politique de prix pratiquée par les établissements font de ces structures, une réponse adaptée aux besoins des futurs diplômés.

Le loyer mensuel moyen pratiqué en France est de 425 €, selon l’OVE. La singularité parisienne est sans surprise quant aux prix de location pratiqués. Un 18 m2, dans une résidence avec services se loue entre 445 et 1100 €/mois (A Paris, dans le secteur privé, un meublé de 25 m2 près du Champs de Mars se loue environ 1500 €/mois). A Marseille, un studio tout confort de 23 m2 se louera 530 €/mois. A Toulouse, il faudra débourser 455 €/mois pour un 19 m2. Pour les heureux bénéficiaires d’un logement en résidence universitaire, le loyer oscille entre 138 € et 778 €/mois, pour des surfaces allant de 9 à 48 m2 (selon la Centrale du Logement étudiant).

Malgré les nombreux obstacles tant de fois décrits, la situation du logement étudiant en France est faite de nuances. S’il existe des secteurs tendus, c’est avant tout en termes de loyers pratiqués plutôt qu’en termes d’offres disponibles. Les étudiants sont majoritairement satisfaits par l’offre de logements (74 %), selon l’étude de l’Observatoire de la vie étudiante (2013) [1].

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[1] Enquête sur les conditions de vie des étudiants en 2013.